Je double down.
Les entrepreneurs sont, statistiquement, les profils les plus courageux d'une société. Ce sont ceux qui acceptent le déséquilibre permanent, le risque personnel total, l'humiliation publique, le compte en banque à zéro. Pas par goût du sacrifice. Par incapacité à vivre autrement.
Dans toute société saine, c'est une distribution naturelle. Une fraction de la population — 1%, 2%, 5% — a ce câblage. C'est suffisant pour fabriquer Apple, Tesla, Nvidia, SpaceX.
La France post-68 a systématiquement exterminé cette distribution.
Fiscalité confiscatoire, droit du travail qui criminalise le risque, culture qui valorise le fonctionnaire et méprise le commerçant, éducation qui dresse à la conformité, médias qui présentent la réussite comme un vol. Résultat : ceux qui ont le câblage partent à Londres, New York, San Francisco. Ceux qui restent se reconvertissent en consultants.
La preuve est sous nos yeux.
La plus jeune entreprise du CAC 40 a 50 ans. CINQUANTE ANS. Et encore, Sanofi est un spin-off d'Elf de 1973, pas une création ex nihilo. Aucune entreprise fondée en France depuis 1980 n'a atteint l'indice. Zéro.
Pendant ce temps, les Américains ont fabriqué Microsoft, Apple, Amazon, Google, Meta, Tesla, Nvidia, OpenAI. Sept des dix plus grosses capitalisations mondiales. Toutes nées après 1975.
Ce n'est pas un problème de talent. La France a les meilleurs ingénieurs du monde — ils peuplent les labos de DeepMind, Meta AI, OpenAI.
C'est un problème de système. On a fabriqué une machine à broyer le risque, et donc une machine à broyer les preneurs de risque.
Un pays sans entrepreneurs, c'est un pays mort. Il met juste 50 ans à s'en apercevoir.
Nous y sommes.
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